Une véritable catastrophe humaine, sociale et environnementale perdure ou s’annonce pour les populations autochtones
Ces deux derniers mois, au moins deux demandes d’exploration d’uranium ont été déposées pour les sites de Juella et de Yacoraite, deux vallées affluentes de la vallée principale parcourue par le Río Grande qui traverse Tilcara, village situé dans la célèbre « Quebrada » de Humahuaca (Province de Jujuy).
A l’instar du drame que connaissent depuis 40 ans les populations du Nord Niger où les territoires sont sacrifiés sur l’autel du profit et au mépris des droits humains les plus fondamentaux, les indiens Quechuas de la province de Jujuy se voient menacés dans leur existence par de nouveaux projets de mine d’uranium à ciel ouvert, dont les désastres écologiques, sociaux et culturels irréversibles ne sont plus á démontrer mais reste à dénoncer.
L’exploitation de l’uranium au Niger est synonyme de pollutions multiples, d’expulsion des populations de leurs territoires ancestraux, d’épuisement irréversible des nappes d’eau...
Les indiens Quechuas de Juyuy risquent de connaître le même sort.
Des territoires spoliés, pollués et pillés de leurs ressources en eau
La Cordillère des Andes connaît une véritable invasion des industries extractives, notamment celle de l’uranium qui connaît une ascension mondiale fulgurante. Ainsi, en Argentine, après les ravages des lobbies du soja OGM qui ont déboisé des centaines de milliers d’hectares de terre, expulsé des dizaines de milliers paysans, les populations autochtones assistent au retour dévastateur des mines d’uranium à ciel ouvert. Ces populations se voient menacées par les incidences directes et immédiates sur les équilibres écologiques et culturels fragiles, tant sur le haut plateau de la Puna, que dans les vallées.
Dans la province de Jujuy (plateau de la puna) de nombreux projet d’exploration et d’exploitation de mines d’uranium à ciel ouvert resurgissent, notamment ceux des deux exploitants Aguilar et Pirquita. Si les populations du Nord Niger sont asphyxiées tant par un conflit armé que par les effets pervers de l’exploitation uranifère, les communautés paysannes et indigènes subissent le même sort et trouvent pour seul refuge les bidonvilles et les quartiers suburbains où elles mènent une existence des plus indécentes.
Cette reprise d’activité accélérée au Nord Ouest d’Argentine et la concentration des projets minier auront des conséquences à moyen et long terme sur les ressources en eau de la région de Quebrada et Puna, avec les risques de contamination chimique de l’eau et son épuisement irréversible (la seule mine de Pirquita consomme 70 000 m3 par jour).
D’ores et déjà l’‘ex’- lagune de Guayatayoc, sur la Puna Argentine est totalement asséchée et de nombreux villages sont privés d’eau faisant les frais du pillage par les sociétés extractives. Il en va de même pour la célèbre vallée “Quebrada” de Humahuaca, un site pourtant déclaré en 2002 Patrimoine Naturel et Culturel de l’UNESCO.
Quel sort pour les populations autochtones ?
Qu’elles soient dans l’Aïr (Nord Niger) ou sur les plateaux de la cordillère des Andes, les populations autochtones payent l’uranium au prix fort, celui de leur devenir, du devenir leurs enfants et de leur mode de vie. Dans ces deux cas, l’épuisement des ressources uranifères très attractives pour les multinationales s’accompagnant inéluctablement de l’épuisement des ressources en eau et d’une destruction de l’écosystème, qui signeront l’arrêt de mort de toute activité agropastorales et par la même de toute vie humaine.
La manne financière de l’industrie uranifère est à ce jour un indicateur de fausse croissance et de destruction de mode de vie ancestraux.
Des actions locales à soutenir
Face à ces menaces, un groupe informel d’habitants dits « autoconvoqués », tentent de se mobiliser sur place. Ce groupe a été initié par M. Roger Moreau, un français établi à Tilcara et adopté par les indiens Quechuas de la région depuis 1985. Après avoir mené pendant dix ans (1971 et 1982) le combat sur le Larzac pour repousser le projet de camp militaire, Roger Moreau mobilise les paysans locaux pour un nouveau combat contre le projet de mine d’uranium à ciel ouvert à trente kilomètres en amont de Tilcara.
A l’heure où l’uranium est largement présenté et médiatisé comme ressource énergétique alternative et propre les problèmes de fond qui sous-tendent l’existence même des populations autochtones tant en Argentine qu’au Niger, doivent être sans cesse mis en lumière et dénoncés, en France et partout ailleurs.
Le Collectif ‘Areva ne fera pas la loi au Niger’ et le collectif ‘Malgré tout’, souhaitent mobiliser toutes les énergies afin de dénoncer ces faits, soutenir ces populations menacées, et développer la solidarité Sud/Sud
Le Collectif d’un plateau à l’autre, du Larzac à la Quebrada (Argentine) ‘l’uranium contre la vie’, permettra d’ériger un pont entre les deux continents (Afrique/ Amérique Latine) afin de permettre à ces populations vulnérables de conjurer leurs souffrance et de pallier à leur isolement face aux multinationales.
A tous ceux qui veulent s’informer, soutenir ou participer à ce combat contre la fatalité, rendez-vous : Lundi 22 septembre 2008, à 20h00 heures au Siège d’ %Attac France, 66-72 rue Marceau - 93100 Montreuil)
Contact des Collectif ‘Areva ne fera pas la loi au Niger’
Le collectif ‘Malgré tout’
Lancement d’une campagne de lettres sur le site "d’un plateau à l’autre" :
Deux modèles de lettres (français/espagnol) sont à votre disposition. Veuillez consulter les suivant : annonce sur page d’accueil : http://dunplateaualautre.over-blog.com/
page spéciale avec téléchargement des modèles :
http://dunplateaualautre.over-blog.com/pages/Ecrivez_a_Mme_Kirchner-738905.html
Comment faire pour participer à cette compagne : Pour dénoncer le projet de mine d’uranium à ciel ouvert à Tilaca, chacun peut s’inspirer et/ou compléter le modèle mis en ligne et l’adresser ensuite par voie postale au : Niger /Argentine, Attac France, 66-72 rue Marceau - 93100 Montreuil. L’ensemble des lettres sera rassemblé et remis aux destinataires par une délégation.
Adresse mail du collectif : dunplateaualautre@yahoo.fr